Liam Rosenior raconte l’enfer vécu à Chelsea
Revenu en France où ses premiers mois de compétition donnent satisfaction au Paris FC, Liam Rosenior n’a pas oublié sa dernière expérience à Chelsea.
Aujourd’hui, Liam Rosenior coule des jours heureux avec le Paris FC. Il est 4e de Ligue 1 après avoir réussi une belle performance en battant l’AS Monaco le week-end dernier (3-1). Il y avait déjà eu ce succès sur la pelouse du Vélodrome en début de saison (3-2), venant valider des premières semaines de compétition. Son travail porte ses fruits, bien aidé par un mercato qui fonctionne à plein, à l’image de Lassine Sinayoko dans un état de grâce depuis la reprise estivale (8 buts et 5 passes décisives en 9 matchs). L’Anglais retrouve le sourire, lui qui a vécu une première partie d’année 2026 agitée, voire très compliquée. C’est lui-même qui le dit dans un entretien accordé au magazine So Foot.
Chelsea est venu le chercher en tout début d’année après le départ d’Enzo Maresca, alors qu’il était en poste à Strasbourg. Son départ d’Alsace en plein milieu de la saison n’a pas été bien vécu par les supporters, et ça peut se comprendre. Il y a encore eu ce fameux chambrage envers les supporters à la mi-septembre. Rosenior réalisait son rêve : diriger l’un des meilleurs clubs de son pays, et même du monde. Sur le papier, l’aventure est alléchante mais l’Anglais va très vite déchanter. Dans un club déjà dysfonctionnel, il va vite subir le diktat des résultats, comme dans n’importe quel club, et pire encore, les moqueries des réseaux sociaux sur sa manière de voir les choses, de diriger un groupe. «Ce fut la meilleure expérience de ma vie, et la plus difficile aussi.»
«Mes vêtements sont devenus la risée de tous, ma façon de parler aussi. Je ne suis pas une blague»
«Je ne veux pas entrer dans les détails maintenant. J’en parlerai un jour, le moment venu. Mais dans un pays où la tolérance est une valeur importante, ce qu’il s’est passé là-bas n’a rien à voir avec le football, entame-t-il. Le moment qui m’a le plus inquiété, c’était au début, lors de notre série de cinq victoires consécutives. N’importe quel club aurait été content d’une telle série, mais pas Chelsea.» Alors que l’expérience a bien démarré, les premiers nuages noirs arrivent vite, dès le début du mois de février. Il y a notamment trois défaites contre Arsenal (en League Cup et en Premier League) et surtout cette double confrontation face au PSG en 8e de finale de Ligue des Champions, qui a presque scellé son avenir.
Il raconte cette fameuse scène, devenue un meme sur les réseaux sociaux, des consignes tactiques délivrées à Alejandro Garnacho sur une feuille lors du match retour. Le score est de 3-0 (8-2 en cumulé) en faveur du futur double champion d’Europe. Il reste à peine dix minutes à jouer et les Blues sont en infériorité numérique. Autant dire que la messe est dite depuis déjà bien longtemps. «Ils se sont moqués des instructions que j’avais données à Garnacho sur un bout de papier quand on était réduits à dix contre le PSG. Mes vêtements sont devenus la risée de tous, ma façon de parler aussi. Je ne suis pas une blague, s’emporte le coach parisien. Vous êtes les premières personnes à qui j’en parle, et probablement les dernières pendant longtemps, mais un jour, je vous dirai ce qui s’est réellement passé.»
Moqué sur les réseaux sociaux
«Coach Linkedin» ou «David Brent», figure centrale et égocentrique de la série anglaise The Office moqué notamment pour son excentricité, sont autant de surnoms présents sur les réseaux sociaux pour qualifier Rosenior. Il se défend. «En Angleterre, il existe une idée préconçue de ce que devrait être un entraîneur de Premier League, de la façon dont il devrait se comporter. Il faut se conformer à cette norme. Ceux qui me connaissent savent que je suis quelqu’un qui essaie d’être sincère et authentique». Le technicien de 42 ans habite son personnage sans porter de déguisement assure-t-il. En revanche, il ne décolère pas sur la façon dont les médias, et plus généralement internet, lui ont collé une étiquette dont il peine à se débarrasser.
«Je n’ai aucun contrôle sur la façon dont les médias me décrivent ou parlent de moi. Ce que j’ai compris maintenant, et c’est important pour tous les entraîneurs du monde entier, c’est que les médias sociaux, ou les médias en général, peuvent influencer l’opinion publique sur la qualité d’un joueur ou d’un entraîneur.» Il en a pris conscience dans un contexte comme Chelsea où tout est scruté à la loupe et en permanence. «Ce n’est évidemment pas nouveau, mais la plus grande leçon que j’ai tirée de mon passage à Chelsea, c’est de savoir qu’ils (les médias sociaux) sont également capables de construire tout un récit autour de la trajectoire d’un club.» Le Paris FC est sans doute une caisse de résonance moins puissante que les Blues, Rosenior n’en reste pas moins en première ligne. Sauf que cette fois, les résultats parlent pour lui.
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