Notes du match Ligue des Champions

Lens - Côme : les notes du match

Soirée surréaliste ce soir à Bollaert. Lens s’est incliné 9-1 à domicile face à Côme, dans ce qui ressemble à l’une des pires soirées de l’histoire du club artésien. Voici les notes de la rencontre.

Par La Rédaction FM
15 min.

L’aventure européenne de Lens n’avait pas forcément commencé de la meilleure des manières. Avec trois points pris en trois journées et une vingt-sixième place au classement de cette Ligue des Champions, les Sang-et-Or accueillaient la sensation Côme, tout proche du top 8 au coup d’envoi. Pour ce match, Yannick Cahuzac misait sur du classique, avec le trio offensif composé de Thorgan Hazard, Franjo Ivanovic et Florian Thauvin. En face, Cesc Fabregas titularisait plusieurs joueurs bien connus par les fans de foot français, comme Jean Butez, Maxence Caqueret et Lucas da Cunha, en plus de l’inévitable Nico Paz. Et il n’y a pas eu photo sur ce match : l’écurie de Serie A était bien supérieure, avec une victoire humiliante 9-1.

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Dès le début du match, on sentait une différence énorme entre les deux formations, et le RC Lens allait vite être cueilli à froid. Sur un corner joué à deux, Luis Milla plaçait le ballon sur la tête d’Alex Valle qui remisait devant le but. Bien placé, Anastasios Douvikas mettait le pied pour propulser le cuir au fond des filets (0-1, 7e). Dans le jeu, les Italiens dominaient, sans être vraiment inquiétés, et Risser sortait une sacrée parade sur une tentative lointaine de Nico Paz (24e). Quelques minutes plus tard, l’Argentin envoyait un superbe centre pour Alex Valle, arrivé lancé côté gauche. Le latéral gauche formé au Barça jouait en retrait pour Douvikas, qui signait son doublé, en renard (0-2, 32e).

Une soirée cauchemardesque à Bollaert

Pas rassasiés, les hommes de Cesc Fabregas continuaient d’attaquer, et Paz allait lui aussi faire trembler les filets. Décalé par Caqueret, l’international argentin plaçait une frappe parfaite sous la barre d’un Risser impuissant (0-3, 40e). L’addition était salée pour les coéquipiers de Florian Thauvin, qui n’avaient créé aucun danger devant. Pire encore, Côme allait doucher les espoirs de remontada lensoises dès le retour des vestiaires, avec un festival de buts. Encore très inspiré, Nico Paz trouvait Lucas da Cunha dans la surface, et le joueur des Bleus ajustait à merveille le portier lensois (0-4, 47e). Et Risser sauvait les siens du 5-0 avec une grosse intervention sur son compatriote pour éviter son doublé (52e)…

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Mais le cinquième allait vite tomber. Sur un superbe centre de Luis Milla, et Kempf surgissait pour placer un superbe coup de casque, laissé complètement libre par la défense lensoise (0-5, 54e). Les Artésiens se faisaient humilier - n’ayons pas peur des mots - et Douvikas, servi par Nico Paz, partait dans le dos de la défense et battait Risser (0-6, 57e). La déculottée continuait et Liberali, entré en jeu quelques minutes avant, s’offrait un long rush côté droit, entrait dans la surface, et signait le septième d’un pointu (0-7, 62e). Si Ruben Aguilar réduisait un peu l’écart avec une belle reprise de volée (1-7, 65e), Baturina inscrivait le huitième, profitant encore de la défense catastrophique lensoise (1-8, 69e). Derrière, et heureusement pour les Lensois, Côme a un peu baissé le rythme, mais le jeune Papaccioli, lui aussi parti dans le dos des défenseurs, signait tout de même le neuvième dans le temps additionnel. Du côté de Lens, il y en a plus d’un qui va mal dormir cette nuit…

L’homme du match

- Douvikas (9,5): 8 buts avant cette rencontre, et déjà deux réalisations supplémentaires à la pause. Le Grec a parfaitement lancé les siens en ouvrant le score dès la 7e minute, en reprenant de la tête le centre venu de la droite. Il a ensuite signé le but du break à la 31e, idéalement servi par Valle au terme d’une action collective parfaitement construite. Mais réduire sa prestation à son doublé serait injuste : son jeu en remise et ses décrochages ont constamment posé des problèmes à la défense lensoise. Il a même terminé son premier acte avec une passe décisive pour Nico Paz. Malgré un contrôle un peu long, il a su se réajuster pour trouver son partenaire à l’opposé, qui n’avait plus qu’à conclure (0-3). Douvikas a parachevé son festival en s’offrant un triplé à la 57e minute, parfaitement servi une nouvelle fois par son meilleur passeur, Nico Paz, pour le 6-0. Un match parfait pour lui, 4 fois décisif ce soir. Il a été remplacé par Matteo Papaccioli à la 62e. Pour sa première apparition chez les professionnels, il s’est offert un but en toute fin de rencontre. D’abord refusé pour hors-jeu, celui-ci a finalement été validé à la 91e minute pour sceller le score à 1-9. Une première inoubliable, dans une soirée historique.

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RC Lens

- Risser (1): il a sombré corps et âme dans le naufrage collectif lensois : 9 buts encaissés et un match à oublier très rapidement. Si sa défense l’a bien souvent abandonné à son triste sort, il n’a jamais donné le sentiment d’être un dernier rempart fiable. On avait l’impression que les joueurs de Fabregas pouvaient marquer en tirant de n’importe quelle position, à l’image du septième de Liberali où il n’a jamais le droit de s’incliner sur son premier poteau (62e). Espérons pour lui que cette soirée restera comme le point bas de sa carrière.

- Aguilar (2): son duel perdu sur le premier but (7e) était annonciateur d’une soirée pire que noire pour lui. Perdu dans la défense à trois, il a constamment laissé des espaces béants dans son dos. Après le deuxième but italien (32e), son regard vers Skoras disait beaucoup de son impuissance et de son fatalisme. Il est en retard sur celui de Paz (40e), et à peu près sur tous les autres. Il marque sans doute l’un des plus beaux buts de sa carrière avec cette reprise de volée (65e), mais dommage pour lui, l’occasion ne se prêtait pas à une célébration.

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- Antonio (1): du haut de ses 18 ans, se frotter à Nico Paz avait tout d’un sacré défi. Il réalise une bonne intervention (26e) mais a complètement sombré ensuite à l’image de son équipe. En manque de repères et de solutions, il a souvent dû défendre pour deux vu la prestation affligeante d’Udol à côté de lui, voire trois ou quatre vu l’apport de ses milieux. Il est perdu sur le troisième but italien (40e), et quatre autres viennent encore de son côté, où il est à chaque fois pris à défaut.

- Baidoo (1): un véritable naufrage défensif, de A à Z. Il se rappellera longtemps de Douvikas, qui a fait ce qu’il voulait de lui ce soir à Bollaert. Il est à la ramasse totale sur le deuxième but du Grec (32e), et même sur le troisième où il a trois trains de retard (57e). On l’a constamment senti loin des actions à regarder ce qu’il se passait autour de lui. Il a touché le fond dans des proportions inimaginables. Méconnaissable depuis son retour de blessure.

- Udol (1): sûrement le pire défenseur lensois ce soir : il a été à l’envers du début jusqu’à la dernière minute, et il est sur la photo de famille d’au moins 6 buts. On l’a d’abord vu aller chercher Da Cunha très haut dès l’entame, mais son enthousiasme et sa bonne volonté ont vite été douchés. Il oublie Douvikas dans son dos sur l’ouverture du score (7e), et expose son équipe à une action de but avec deux relances consécutives totalement ratées (28e). Il se fait manger par Paz sur le deuxième but italien (32e), il est complètement déconnecté sur les quatrième et cinquième (46e, 54e)… Il a offert des cadeaux inespérés à l’adversaire qui n’en avait franchement pas besoin ce soir.

- Skoras (2): beaucoup de courses pour aucun résultat. Une passivité coupable qui coûte très cher à son équipe sur le deuxième but italien, persuadé que le ballon allait sortir (32e). Valle a fait ce qu’il voulait de lui dans le couloir, et il a laissé tout ce qui se passait lui échapper. Des erreurs de placement, des approximations, une fragilité presque gênante. Remplacé par Abdulhamid à la mi-temps (3), qui pouvait difficilement faire pire. Il a mis davantage d’impact et s’est attelé à défendre.

- Cuisance (1): « une prestation d’une indigence rare, sans influence, sans impact, sans justesse et sans révolte. Il a constamment été pris dans son dos par les appels et les déplacements de Paz, et n’a rien fait du ballon quand il l’avait. Quand on connaît la qualité de son pied gauche, on est en droit d’attendre beaucoup plus de lui dans le dernier tiers. Trop d’imprécisions, trop de déchet, trop de manques.

- Haidara (1): lui aussi a pris l’eau face à Nico Paz. Dépassé dans l’intensité, il a été complètement inutile. On pouvait trouver Paz neuf fois dans son dos qu’il n’en tirait aucun enseignement. Il n’a rien apporté avec le ballon, a considérablement ralenti le jeu, et il a été l’auteur de choix systématiquement à contretemps. Une prestation d’une pauvreté technique affligeante. Quand on voit la production des milieux d’en face, on est presque gêné. Remplacé par Bulatovic (70e).

- Thauvin (1): il a souvent fait l’objet de prises à deux, voire trois. Il pensait obtenir un penalty après une (fausse) main de Caqueret (13e), et puis c’est à peu près tout. Il doit faire bien mieux sur coups de pieds arrêtés, et à peu près dans tous les compartiments. Son statut de cadre ne s’est jamais vraiment traduit sur le terrain, où il a brillé par son absence. Une passe décisive sur corner pour Aguilar (65e) qui reste anecdotique. Remplacé par Kadile (70e).

- Hazard (1): c’était à se demander s’il était vraiment sur le terrain après trente minutes de jeu. Des pertes de balles, des choix hasardeux, aucun décalage créé… Il n’a jamais montré l’exemple malgré son statut d’ancien, et a vendangé la rare occasion qu’il a eue en fonçant tête baissée, avant de tirer dans les nuages alors qu’il pouvait décaler un coéquipier (59e). On se demande bien comment il a pu terminer la rencontre…

- Ivanovic (1): il a traversé la rencontre comme un fantôme. Le Croate n’a pas existé face à Jacobo Ramon, et il a été d’une maladresse criante dans le dernier geste. Il négocie mal son seul face-à-face avec Butez en première période, s’est fait bouger dans tous les sens, et il a logiquement été remplacé à la mi-temps par Mesloub (4), qui a montré bien plus de choses que les autres. Remuant, mobile, il a tenté d’apporter un peu de vie dans ce naufrage.

Côme

- Butez (6,5) : il y avait presque un match dans le match pour le gardien français, opposé à Robin Risser, alors que Zidane doit dévoiler sa liste ce vendredi. Appelé après son forfait lors du dernier rassemblement, le portier a répondu avec beaucoup de sérénité. Sa qualité technique et sa justesse dans la relance ont sauté aux yeux, à l’image de sa sortie de balle à la 12e minute. Il a également répondu présent lorsqu’il a été sollicité, en venant contrer Ivanović dans les pieds à la 32e minute. Une première période maîtrisée, à l’image de celle de son équipe. À la 70e minute, le portier français, qui avait récupéré le brassard de capitaine après la sortie de Da cunha, ne peut rien faire et a concédé le premier but de Côme (1-7).

- Álex Valle (8,5) : il avait pourtant un sacré client face à lui avec Florian Thauvin, mais l’Espagnol a parfaitement répondu au défi. Parfois contraint de commettre des fautes pour contenir le capitaine lensois, il n’a jamais perdu le fil de sa rencontre et a même pris une dimension offensive particulièrement intéressante. Sa remise parfaite pour Douvikas à la 31e minute a permis à Côme de faire le break. Un latéral généreux, solide dans son couloir et décisif dans la construction du deuxième but. Le latéral a déposé un véritable caviar sur la tête de son défenseur central Kempf, qui n’avait plus qu’à conclure (0-5, 53e).

- Kempf (8) : le défenseur allemand a parfaitement contribué à la démonstration des siens. Malgré un gros choc aérien avec Ivanović à la 18e minute qui l’a momentanément laissé au sol, il a rapidement repris sa place sans perdre ses repères. Dans les duels, il a rarement été inquiété et s’est montré particulièrement propre dans ses interventions. Sa qualité de relance a également permis à Côme de repartir sereinement depuis l’arrière. Une prestation autoritaire, dans une défense qui n’a quasiment rien laissé à Lens. Ensuite, il a encore haussé le ton en s’offrant un but à la 53e minute. Parfaitement servi par le centre de Luis Milla, il a crucifié Risser d’un coup de casque imparable (0-5). Il a été remplacé par Ivan Smolčić à la 72e.

- Ramón (8,5) : l’ancien joueur du Real Madrid a, lui aussi, participé à cette première période de très haut niveau. Très bien placé dans la charnière, il a affiché une belle lecture du jeu et une vraie qualité technique. Sa sortie de balle à la 22e minute, ponctuée de plusieurs dribbles avant de subir une grosse faute, a parfaitement illustré son aisance. Il a par ailleurs apporté dans les phases offensives, avec une contribution importante sur l’action de l’ouverture du score. Ramón s’est également illustré offensivement en délivrant la passe décisive pour Liberali, qui venait tout juste d’entrer en jeu (0-7, 62e).

- Couto (8) : le latéral droit passé par Dortmund a été particulièrement actif dans son couloir. Il a souvent pris le dessus sur Skóraś et n’a pas hésité à se projeter pour accompagner les offensives italiennes. Une perte de balle à la 25e minute aurait toutefois pu coûter cher, en offrant une contre-attaque dangereuse aux Lensois. Mais cet épisode n’a pas entaché une première période globalement convaincante. Il a largement contribué à la domination territoriale de son équipe.

- Perrone (7,5) : positionné un cran plus bas que Caqueret dans l’entrejeu, l’Argentin a été l’un des rouages essentiels de cette maîtrise collective. Disponible, propre techniquement et toujours bien orienté, il a permis à Côme de ressortir les ballons avec une facilité déconcertante. Son jeu de corps à la 36e minute pour éliminer Cuisance a parfaitement illustré sa qualité dans les petits espaces. Il a aussi participé au travail de récupération, sans jamais donner l’impression de subir le pressing lensois.

- Luis Milla (7,5) : dans le double pivot avec Perrone, l’Espagnol a, lui aussi, pris une part considérable à la domination de Côme. Très actif à la récupération, il a gratté des ballons précieux, à l’image de son intervention à la 23e minute. Mais son apport ne s’est pas limité au travail défensif : il a régulièrement accompagné les offensives, évoluant parfois très haut, au point de dépasser Douvikas dans certaines séquences. Premier déclencheur du pressing, il a donné le ton par son activité et son intelligence de déplacement. Il a été remplacé par Samuele Ricci à la 58e.

- Nico Paz (9) : le véritable chef d’orchestre de cette équipe de Cesc Fàbregas. Installé en numéro 10, légèrement en retrait de Douvikas, l’Argentin a encore démontré pourquoi il est devenu l’une des pièces maîtresses de Côme. Sa frappe limpide à la 24e minute a obligé Risser à s’employer pour détourner le ballon en corner. Mais c’est surtout sa vision du jeu qui a fait des dégâts : sa merveille de passe enroulée du gauche pour Valle a lancé l’action du deuxième but. Et comme si cela ne suffisait pas, il a lui-même conclu la démonstration à la 40e minute, parfaitement servi par Douvikas, pour inscrire le troisième but. Une première période exceptionnelle, avec deux gestes de grande classe et une influence considérable sur le jeu. Au retour des vestiaires, Nico Paz a encore fait parler sa vista en se muant cette fois en passeur décisif pour Da Cunha (0-4, 47e). Idem encore à la 57e pour Douvikas (0-6). Il a été remplacé par Martin Baturina à la 58e, qui a conclu seul face à Risser à la 68e (1-8), sur un service de Liberali.

- Caqueret (8,5) : l’ancien Lyonnais a parfaitement trouvé sa place dans ce collectif. Titularisé sur le côté gauche du milieu offensif, il a multiplié les déplacements et les permutations, sans jamais se cantonner à son couloir. Il a certes connu une petite frayeur à la 16e minute, lorsque l’arbitre a accordé un penalty à Lens pour une supposée main, finalement annulé après intervention de la VAR. Mais il n’a jamais perdu sa sérénité. Sa capacité à dézoner et à se rendre disponible a été précieuse, comme à la 38e minute lorsqu’il a traversé le terrain pour combiner avec Nico Paz sur le côté droit. Il a encore été partout en seconde période, comme sur sa traversée seul contre tous à la 84e.

- Da Cunha (9) : le capitaine a encore parfaitement assumé son statut. Aligné dans un registre plus offensif que celui qu’il occupe habituellement en équipe de France, l’international français a beaucoup permuté et décroché pour participer à la construction. Sa tentative à la 28e minute, dans la surface lensoise, a été contrée avant de pouvoir inquiéter Risser. Mais c’est surtout sans ballon qu’il a impressionné : son travail à la récupération a été précieux et il a constamment devancé Udol dans son couloir, comme à la 45e+3 minute. Parfaitement servi par Nico Paz, il a enroulé sa frappe dans le petit filet gauche pour inscrire le quatrième but, laissant Risser sans réaction dès la 47e (0-4). Il a été remplacé par Mattia Liberali à la 58e. L’entrant a même inscrit le but du 0-7 à la 62e, sur une passe de Ramón. Puis des offrandes pour Baturina à la 69e (1-8) et Papaccioli (1-9, 90e+1).

- Douvikas (9,5) : voir ci-dessus

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