Ligue des Champions

Une nouvelle déroute qui acte le déclassement de la Ligue 1 en 3e division européenne

Pendant que le PSG caracole en tête de la phase de ligue, les deux autres représentants français que sont Lille et Lens sont respectivement 35e et 33e. Soit le vrai niveau du football français à l’échelle européenne, où l’écart grandit année après année.

Par Aurélien Léger-Moëc
3 min.

Il vaut mieux en rire qu’en pleurer, mais le cœur n’y est pas au lendemain de la déroute historique subie par le RC Lens à domicile face à Côme. Qu’on soit supporter lensois ou non, une telle fessée fait forcément mal aux amoureux du football français, à ceux qui veulent encore croire que nos clubs regorgent de talent, travaillent de manière intelligente et structurée. Même un club comme Lens, loué il y a encore quelques mois pour sa stabilité, sa qualité de travail, son état d’esprit, son recrutement, peut devenir la risée du football européen, incapable de se mettre au niveau requis pour un match de Ligue des Champions.

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Deux heures avant l’humiliation, l’AEK Athènes (20 M€ dépensés sur le mercato estival, contre 27 M€ par Lens), a également perdu, face au grand Real Madrid, mais sur le score de 3-2, en embêtant jusqu’au bout les Merengues et en livrant un match plein de détermination et de qualité technique. Avec 3 points au compteur et une meilleure différence de buts, le club grec devance Lens et Lille au classement de la phase de ligue. Les deux clubs du nord de la France ont bien sûr mérité de disputer la Ligue des Champions en terminant 2e et 3e de Ligue 1 la saison passée. Mais pour y faire quoi ? Quel est l’intérêt sportif de jouer une telle compétition de la sorte ?

La France en D3 européenne

On se doute que le chèque reçu suffit au bonheur des dirigeants en cette période de disette sur les droits TV, mais doit-on réellement accepter le déclassement de notre football, qui était déjà sur le déclin lorsque l’argent des diffuseurs coulait à flot ? Est-ce normal de se féliciter d’un point pris par le LOSC en Norvège ? De crier à l’exploit parce que Lens gagne in extremis contre le Slavia Prague à 11 contre 10 ? On a envie de répondre non, mais la réalité montre finalement que ça l’est. Car les concurrents du football français, ce ne sont plus les clubs allemands, italiens ou portugais, mais bien les clubs belges, néerlandais, grecs, turcs ou tchèques.

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Boosté par le PSG, double champion d’Europe en titre, l’indice UEFA ne traduit pas l’étendue des dégâts, puisque l’on devance le Portugal et la Belgique. Pourtant, le Sporting CP a battu ces dernières années le PSG, l’OM et récemment Lens, également battu sèchement 3-0 par le Club Bruges, qui avait mis le même tarif à l’OM la saison passée. Et que les dirigeants ne viennent pas nous dire que c’est la faute aux droits TV ridicules qui empêchent de rivaliser avec le gratin européen. Avant l’effondrement, lorsque l’afflux d’argent permettait des largesses sur les transferts, salaires et autres, le football français était déjà habitué aux humiliations. Lens possède désormais le record de la plus grosse défaite en Ligue des Champions, l’OM détient celui du nombre de défaites consécutives (13, entre le 13 mars 2012 et 25 novembre 2020). L’OGC Nice a enchaîné 18 matches sans victoire en Coupe d’Europe, avec deux saisons cataclysmiques en Ligue Europa.

Le passage d’une phase de groupes, où le tirage au sort pouvait s’avérer redoutable pour nos représentants, à une phase de ligue est encore plus cruel puisqu’il saute aux yeux de toute l’Europe que les clubs français naviguent dans une sorte de troisième division européenne. Et que l’on ne se méprenne pas, ce ne sont pas des exploits ponctuels (Brest qui se qualifie pour les barrages, l’OL qui va en demi-finale de Ligue Europa) qui doivent être pris en compte pour évaluer notre football. Un football soumis aux limites financières, à la crainte de perdre, à l’absence de projet de jeu, où la moindre bonne saison doit être le prétexte à encaisser des plus-values sur des joueurs. Vite, que l’on en finisse avec cette saison de Coupe d’Europe, et que l’on feigne s’intéresser au destin européen des futurs qualifiés en Ligue des Champions.

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