Ligue des Champions

«Kamasutra» : l’Italie se moque du RC Lens après la déculottée en Ligue des Champions

Le Côme de Cesc Fabregas a signé une démonstration historique sur la pelouse de Lens (1-9), infligeant aux Sang et Or leur plus lourde humiliation de leur histoire européenne. Portés par un Douvikas auteur d’un triplé, les Italiens ont inscrit neuf buts à l’extérieur en Ligue des Champions, un record pour un club de Serie A. Une soirée de gloire pour le club lombard, tandis que les Lensois ont vécu un véritable cauchemar à Bollaert.

Par Valentin Feuillette
5 min.

La soirée devait permettre au RC Lens de retrouver des couleurs sur la scène européenne. Elle s’est finalement transformée en un véritable traumatisme pour les Sang et Or. Opposés à Côme lors de la quatrième journée de Ligue des Champions, les hommes de Yannick Cahuzac ont subi une humiliation historique à Bollaert avec une défaite (1-9). Totalement dépassés dans tous les compartiments du jeu, les Artésiens ont rapidement perdu pied face à une formation italienne qui a fait étalage de sa supériorité technique, collective et tactique. Anastasios Douvikas a lancé les hostilités avec un doublé en première période, avant que Nico Paz ne participe à la fête juste avant la pause. Mais le pire était encore à venir. Au retour des vestiaires, Lucas da Cunha, Marc-Oliver Kempf, Douvikas, Mattia Liberali, Martin Baturina et le jeune Matteo Papaccioli ont transformé Bollaert en terrain de démonstration. Ruben Aguilar a bien sauvé l’honneur lensois, mais cette maigre consolation n’a absolument rien changé à l’impression laissée par cette débâcle.

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Pour Côme, cette victoire représente un véritable changement de dimension. Le club lombard a signé la plus large victoire à l’extérieur de l’histoire de la Ligue des Champions pour une formation italienne, avec neuf réalisations inscrites loin de ses bases. Une performance majuscule qui permet aux hommes de Cesc Fabregas de grimper à la quatrième place de la phase de ligue avec neuf points. Le contraste avec Lens est saisissant. D’un côté, une équipe italienne qui déroule son football, multiplie les combinaisons et trouve des solutions dans toutes les zones du terrain. De l’autre, un collectif artésien complètement désorganisé, incapable de défendre correctement, de ressortir le ballon ou même de réagir après avoir encaissé les premiers buts. La défense lensoise a ressemblé à une véritable passoire, laissant des espaces considérables aux attaquants adverses. Le public de Bollaert a même fini par accompagner les séquences de conservation italiennes de « Olé », avant de retrouver ses sifflets pour sanctionner ses propres joueurs. Une scène aussi humiliante que révélatrice de la soirée vécue dans le Pas-de-Calais.

Une métaphore sexuelle à peine cachée

La presse italienne s’est évidemment régalée devant cette démonstration. La Gazzetta dello Sport a choisi un titre enthousiaste, « Como, quanto sei bello! », soit « Côme, que tu es beau ! ». Le quotidien rose parle d’une soirée de gloire offerte à l’Italie par Fabregas et insiste sur le caractère historique de cette victoire. Son envoyé spécial à Lens décrit une équipe lombarde qui a déroulé son football avec une facilité déconcertante, tandis que les Sang et Or ont sombré au fil des minutes. Le journal s’attarde aussi sur la réaction des supporters lensois, qui ont fini par changer de camp symboliquement en accompagnant le jeu de Côme avec de « Olé ». Une manière particulièrement cruelle de raconter le naufrage des hommes de Cahuzac. La Gazzetta n’épargne d’ailleurs pas la défense artésienne, décrite comme un véritable « colabrodo totale », autrement dit « une passoire totale ». Le quotidien souligne également le contraste entre la maîtrise de Nico Paz et l’impuissance de ses adversaires, incapables de contenir les inspirations de l’Argentin. Pour le journal, cette rencontre restera comme une page historique pour le football italien, mais aussi comme l’une des plus sombres de l’histoire du RC Lens.

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De son côté, Tuttosport a trouvé une formule particulièrement savoureuse pour raconter cette démonstration. Le quotidien turinois a titré « Como-sutra », un jeu de mots évident avec le Kamasutra, pour illustrer la manière dont Côme a pris tous les espaces et toutes les libertés face à une défense lensoise totalement dépassée. Le média évoque un score jamais vu pour une équipe italienne à l’extérieur dans la compétition et insiste sur la capacité de Fabregas à faire entrer son groupe dans l’histoire dès sa première participation à la Ligue des Champions. Mais Tuttosport rappelle aussi que l’euphorie ne doit pas faire perdre le fil au technicien espagnol. Interrogé après la rencontre par Sky Sport, Fabregas a préféré calmer les ardeurs avec le PSG prêt à venger son voisin français. « Une soirée heureuse, aujourd’hui tout est allé dans notre sens. Maintenant, nous pensons au match de dimanche, qui sera le neuvième entre deux trêves internationales. Nous voulons donner le meilleur. C’est une belle soirée pour Côme, pour les supporters et pour les joueurs. Mais il faut garder les pieds sur terre, faire preuve d’humilité et travailler. Nous devons comprendre que nous devons continuer à produire les meilleures performances possibles. » Le coach a également réagi au but encaissé face à Ruben Aguilar, avec une pointe d’autodérision. « Nous avions effectué trois changements juste avant. C’est un ami à moi, Aguilar, avec qui j’ai joué à Monaco. Je lui ai dit qu’il n’avait jamais marqué un but comme celui-là. »

Le technicien espagnol sait toutefois que le plus difficile commence peut-être maintenant. Après avoir profité d’une soirée historique, Côme va devoir confirmer ses ambitions face aux plus grosses cylindrées européennes. Tuttosport a justement interrogé Fabregas sur les deux dernières rencontres de la phase de ligue, avec le PSG et le FC Barcelone au programme. Sa réponse en dit long sur le respect qu’il porte à ces deux adversaires, mais aussi sur la lucidité qui accompagne son projet. « Quand j’ai vu le calendrier, je me suis dit que nous devions prendre le maximum de points possible au début, parce que nous ne pouvons pas dire que ces matches sont impossibles, mais ces équipes sont supérieures aux autres. Il reste encore beaucoup de football à jouer dans ces rencontres. J’espère récupérer tous les joueurs, de Diao à Kean. C’est important parce qu’il nous manque beaucoup de monde en attaque. Maintenant, il faut faire ce dernier effort dimanche, puis se reposer et s’entraîner. » Une prudence qui contraste avec l’ampleur du succès obtenu dans le Pas-de-Calais. La Repubblica parle, elle, d’une « prestation incroyable des hommes de Fabregas » et rappelle que « seul le Bayern Munich avait réussi à inscrire neuf buts » lors d’une rencontre de Ligue des Champions en 2024. L’Italie savoure donc cette nouvelle démonstration de force. À Lens, en revanche, il faudra beaucoup plus qu’une simple remise en question pour effacer une telle humiliation.

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